Les diadèmes impériaux font parler d’eux alors que la princesse Aiko fête ses 20 ans Les diadèmes impériaux font parler d’eux alors que la princesse Aiko fête ses 20 ans
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Les diadèmes impériaux font parler d’eux alors que la princesse Aiko fête ses 20 ans

    NHK World correspondent /
    Current Affairs Division, News Reporting Center
    Le diadème est un emblème de la royauté et les femmes de la famille impériale nippone ne manquent pas d’en porter pour les grandes occasions. La princesse Aiko s’est présentée parée d’un diadème lors de la cérémonie traditionnelle marquant son passage à l’âge adulte, mais, légère entrave à la tradition, celui qu’elle portait ne lui appartenait pas.

    La princesse est la fille de l’empereur Naruhito et de l’impératrice Masako. Elle a eu 20 ans le 1er décembre. La cérémonie, qui a eu lieu le 5 décembre, signifie qu’Aiko peut maintenant assumer des responsabilités officielles en tant que membre adulte de la famille impériale.

    Pour l’occasion, elle portait une robe blanche et un diadème emprunté à la sœur cadette de l’empereur, Kuroda Sayako. Habituellement, les princesses japonaises reçoivent leur propre diadème à leurs 20 ans, mais l’Agence de la Maison impériale explique que la décision de renoncer à la tradition a été prise à cause des circonstances liées à la pandémie de Covid-19.

    Le couple impérial remercie Mme Kuroda

    Après consultation auprès de l’empereur et de l’impératrice, il a été décidé que le moment n’était pas approprié pour fabriquer un nouveau diadème, alors que tant de personnes traversent des difficultés. L’Agence indique que le couple impérial est très reconnaissant à Mme Kuroda, qui a prêté son diadème à leur fille.

    Les diadèmes créés pour la famille impériale coûtent généralement entre 130 000 et 250 000 dollars. La somme vient des coffres de l’État. Lorsque les princesses quittent la famille, par exemple lorsqu’elles se marient, elles doivent rendre leur diadème au gouvernement. Mais Mme Kuroda, qui s’est mariée en 2005, n’a pas eu à le faire, car le sien avait été financé par les fonds personnels de la famille de l’ancien empereur.

    Actuellement, l’Agence de la Maison impériale détient huit diadèmes, dont celui utilisé par Mako, la fille du prince héritier Akishino, qui a quitté la famille après son mariage en octobre dernier.

    La fierté d’un artisan

    C’est à chaque fois un atelier de Tokyo qui crée les diadèmes destinés à la famille impériale. De nos jours, le procédé de fabrication implique toutes sortes de technologies numériques, notamment la création assistée par ordinateur et l’impression 3D.

    Un diadème comprend jusqu’à 100 pièces individuelles. Les finitions sont faites à la main par des artisans chevronnés. L’un d’entre eux, Tejika Masahiro, explique que la fabrication d’un diadème peut prendre jusqu’à 18 mois.

    C’est un travail très minutieux, mais dont il est fier. « C’est vraiment un honneur d’être impliqué dans la création des diadèmes pour la famille impériale, affirme-t-il. Je travaille dessus avec un sentiment tout particulier. Quand je vois une princesse porter son diadème, je sens que je suis un artisan privilégié, et je suis heureux d’avoir choisi ce métier. »

    Un mouvement vers les habitudes occidentales

    La tradition du diadème dans la famille impériale remonte à la fin des années 1860. À l’époque, le Japon s’efforçait de s’aligner sur les cultures occidentales, notamment la façon de s’habiller et certaines formes d’étiquette, pour arriver à la parité diplomatique.

    Le premier diadème qui a été créé à l’époque existe encore aujourd’hui. En 2019, l’impératrice Masako l’a porté lors de la procession célébrant le couronnement de l’empereur Naruhito.

    La cérémonie marquant la majorité de la princesse Aiko n’est pas le seul événement officiel où s’est posée la question du diadème dans le contexte de pandémie. Ils ont été écartés des récentes célébrations du Nouvel An, à nouveau par considération pour les circonstances difficiles.

    Le diadème, un élément du protocole

    Les dépenses d’argent public destinées à ces coûteux bijoux n’échappent pas aux critiques. Mais Aoki Junko, une spécialiste de la mode et de l’histoire de la famille impériale, soutient qu’ils sont un élément indispensable du protocole. « Je pense qu’il est important que les femmes de la famille impériale portent des diadèmes, déclare-t-elle, car ce sont des éléments des règles de courtoisie entre pays. »

    Nishimura Yasuhiko, le Grand intendant de la Maison impériale, partage ce sentiment. Lors d’une conférence de presse en novembre, il a affirmé que les diadèmes étaient nécessaires lors des cérémonies et que leur production n’était pas un gaspillage. À propos de la princesse Aiko, il a ajouté : « Au vu de la situation sanitaire, le gouvernement a décidé de ne pas utiliser de fonds publics, après avoir consulté l’empereur et l’impératrice. Le gouvernement réexaminera la situation dans le futur. »

    Peu importe si son diadème était emprunté, la princesse Aiko était rayonnante quand elle a fait son apparition devant les journalistes après la cérémonie. Dans une déclaration, elle a promis de servir les autres tout en s’efforçant de donner le meilleur d’elle-même. Dans un sens, la jeune femme nous prouve qu’un bon état d’esprit est encore la plus précieuse des parures, celle qui vaudra toujours la peine d’être transmise aux prochaines générations.

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