Les tribunaux ont détruit les dossiers liés à la dissolution d'organisations religieuses

Selon des juristes japonais, les tribunaux d’instance qui conservaient les dossiers relatifs aux ordonnances de dissolution de deux groupes religieux les ont détruits.

L'un de ces groupes était la secte Aum Shinrikyo qui a perpétré l'attaque mortelle au gaz sarin dans le métro de Tokyo dans les années 1990.

Les dossiers décrivent les procédures engagées en vertu de la loi sur les organisations religieuses. Les ordres de dissolution de telles structures sont prononcés par un tribunal à la demande des agences administratives.

L’un de ces ordres a été adressé à Aum Shinrikyo. L'organisation se voyait reprocher d’avoir enfreint la loi et d’avoir « porté atteinte de manière significative au bien-être public ».

Les dossiers incluaient les preuves présentées par les deux parties lors des procédures judiciaires et les documents relatifs à leurs revendications. Ils étaient conservés au tribunal d’instance de Tokyo et à celui de Wakayama, dans l'ouest du Japon. Or tous ont été détruits.

Les règles de la Cour suprême stipulent que les dossiers de ces procédures civiles doivent être conservés pendant cinq ans après la fin du procès, sauf pour les affaires très médiatisées. Ces affaires sont censées être désignées pour une « conservation spéciale » et stockées de manière permanente. Les deux tribunaux d’instance ont expliqué que les affaires de ces deux groupes religieux n'avaient pas été désignées pour être conservées.

Egawa Shoko, journaliste spécialiste des affaires judiciaires, estime que l'impact de cette action est inimaginable. Il sera désormais impossible de se pencher sur ces affaires passées et de vérifier les informations.