Un logiciel espion israélien surveille des journalistes et autres personnalités

D’après un consortium de médias occidentaux, une entreprise de cybersurveillance israélienne s’est servie de son logiciel espion pour collecter des informations sur des journalistes et des militants pour les droits humains partout dans le monde.

Dix médias, dont le Washington Post, ont rapporté dimanche que NSO Group, une entreprise israélienne, a utilisé son logiciel espion Pegasus pour surveiller des personnalités, principalement au Moyen-Orient.

Pegasus est le logiciel commercialisé par l’entreprise. Il peut recueillir les données personnelles à partir de téléphones mobiles. L’entreprise affirme qu’elle ne vend ce logiciel qu’à des gouvernements dans le cadre de la lutte contre des terroristes et des criminels.

Mais le groupe de médias a publié une enquête basée sur les analyses de smartphones qu’ils ont obtenus en se référant à une liste de NSO Group qui a été divulguée, et qui comportait plus de 50 000 numéros de téléphones.

Ces numéros sont ceux de journalistes, de militants pour les droits de l’Homme, de responsables gouvernementaux et d’autres personnalités.

Selon l’enquête du consortium, 37 téléphones, soit plus de la moitié des appareils examinés, étaient infectés par le logiciel espion, notamment les téléphones de personnes liées au journaliste saoudien, Jamal Khashogghi, assassiné en Turquie.

Les numéros de téléphone sur la liste divulguée proviennent de plus de 50 pays différents, mais la plupart se trouvent dans 10 pays, dont l’Arabie saoudite, le Mexique et l’Inde, tous trois clients de NSO Group.

L’entreprise a réagi dans un communiqué et affirmé que ces allégations sont exagérées et infondées, et qu’elle envisage des poursuites en justice pour diffamation.