Myanmar : l’armée évoque des soupçons de fraude électorale pour justifier son coup d’État

Le dirigeant de l’armée du Myanmar a défendu le coup d’État renversant le gouvernement de la dirigeante de facto du pays, Aung San Suu Kyi, en évoquant des soupçons de fraude lors des élections générales de 2020.

Le général Min Aung Hlaing a fait ces commentaires dans une déclaration diffusée mardi à la télévision d’État.

Il a déclaré que l’armée devait prendre le contrôle, car un nouveau gouvernement était en train de se former.

Le général affirme que plus de 10 millions de votes présentaient des anomalies lors des élections en automne dernier, mais qu’aucune enquête n’a été menée. La commission électorale du Myanmar a cependant rejeté ces allégations. Le parti de Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), avait remporté une victoire écrasante lors du scrutin.

Cette déclaration était la première du leader militaire, depuis que Aung San Suu Kyi, le président Win Myint et d’autres hauts responsables de la LND ont été arrêtés lundi.

Lors d’une réunion entre les officiels de l’armée, le général a affirmé que le pays devait aller vers une forme de démocratie qui correspond à sa situation réelle.

Réagissant au coup d’État, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont exprimé leurs inquiétudes devant la situation, lors d’une réunion d’urgence mardi. Christine Schraner-Burgener, l’envoyée spéciale des Nations unies au Myanmar, y était invitée.

Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a expliqué : « D’après Mme Schraner-Burgener, la déclaration de l’état d’urgence et l’arrestation de dirigeants civils sont anticonstitutionnelles et illégales. »

Mme Schraner-Burgener a dit avoir été choquée, car les leaders militaires lui avaient indiqué la veille du coup qu’ils continueraient leurs discussions avec le gouvernement et la commission électorale.