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Nos expert de la NHK répondent aux questions sur le coronavirus

Nos experts de la NHK répondent aux questions que de nombreuses personnes se posent sur le coronavirus.

1. Qu’est-ce que le coronavirus ?
2. Comment survient l’infection ? Comment l’éviter ?
3. Des précautions recommandées aux femmes enceintes ?
4. Comment désinfecter les vêtements ?
5. Détail des symptômes du coronavirus
6. Qu’est-ce que a tendance à développer des symptômes graves lorsqu'il est infecté par le virus ?
7. Les enfants ont tendance à développer des symptômes graves lorsqu'ils sont infectés ou non ?
8. Le Japon a trouvé une thérapie efficace pour éviter ou traiter l'infection au coronavirus ?
10. Dans quelles circonstances peut-on dire qu’une épidémie est terminée ?
11. Une désinfection au moyen de savon a-t-elle les mêmes effets qu’une désinfection avec une solution hydroalcoolique ?
13. Pendant l’épidémie de SRAS en 2003, j’ai entendu dire qu’il y avait eu des cas de propagation du virus par le biais des eaux usées échappées d’un tuyau de drainage. La nouvelle souche de coronavirus serait similaire à celle du SRAS. Un événement identique pourrait-il se produire avec le nouveau coronavirus ?
14. Les jeunes peuvent-ils tomber gravement malades lorsqu'ils sont infectés par le virus ?
15. Est-ce que le virus a connu des mutations dans la ville chinoise de Wuhan, en Italie ou dans d’autres pays européens ?
16. Quelle est l'efficacité du médicament Avigan ?
17. À quel point la déclaration de l'état d'urgence affecte-t-elle la vie quotidienne au Japon?





1. Qu’est-ce que le coronavirus ?

Le coronavirus est un virus qui se transmet à l’homme et aux autres animaux. Généralement, il se propage dans la population et provoque des symptômes similaires à ceux d’un simple rhume tels que de la toux ou le nez qui coule. Certains types tels que ceux causant le MERS, qui a été en premier lieu confirmé en Arabie saoudite en 2012, peuvent provoquer une pneumonie ou d’autres symptômes graves.

Le coronavirus à l’origine de l’actuelle pandémie est une nouvelle souche. Les personnes infectées développent des symptômes tels que de la fièvre, de la toux, de la fatigue, des expectorations, des difficultés respiratoires, des douleurs dans la gorge et des maux de tête. Dans environ 80 % des cas, le patient guérit après avoir présenté quelques symptômes légers. Cependant, dans près de 20 % des cas, l’état de santé du patient peut s’aggraver, et entraîner une pneumonie. Il peut même arriver que certains de ses organes deviennent défaillants. Des personnes âgées de 60 ans et plus ou atteintes de pathologies antérieures telles que de l’hypertension, du diabète, des maladies cardiovasculaires ou respiratoires, ou encore le cancer sont susceptibles de voir leur état s’aggraver. La maladie peut même leur être fatale. Peu de cas d’infection ont été rapportés chez les enfants et leurs symptômes sont relativement légers.

Retrouvez ces informations sur le site internet de NHK Word Japan ou sur les pages de réseaux sociaux de la NHK.




2. Comment survient l’infection ? Comment l’éviter ?

Des experts pensent que le nouveau coronavirus est transmis par le biais de gouttelettes ou du contact avec une surface contaminée, comme c’est le cas pour la grippe saisonnière ou le rhume. Cela veut dire que le virus se propage via les postillons produits lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue. Quelqu’un peut aussi être infecté en touchant une poignée de porte ou en saisissant une poignée suspendue dans un train, puis en touchant son nez ou sa bouche avec sa main contaminée. Le coronavirus aurait à peu près le même degré d’infectiosité que la grippe saisonnière.

Les mesures de base à prendre pour la prévention d’une infection au nouveau coronavirus sont les mêmes que celles contre la grippe saisonnière. C’est-à-dire, se laver les mains et pratiquer l’étiquette de la toux.

Quand on se lave les mains, il est conseillé d’utiliser du savon et de laver toutes les parties des mains jusqu’aux poignets avec de l’eau courante pendant au moins 20 secondes. On peut aussi utiliser un désinfectant pour les mains à base d’alcool. L’étiquette de la toux est un moyen important de contrôler la propagation de l’infection. Il est conseillé de se couvrir le nez et la bouche avec un mouchoir en papier ou sa manche pour éviter de projeter des postillons contaminés sur d’autres personnes. D’autres mesures efficaces consistent à éviter les lieux bondés, et quand on se trouve à l’intérieur, à ouvrir fréquemment les fenêtres pour aérer la pièce.

Au Japon, chaque compagnie de chemins de fer doit décider d’ouvrir ou non les fenêtres des voitures bondées. Des experts disent que les voitures sont déjà aérées à un certain degré car les portes s’ouvrent à chaque arrêt et des passagers descendent ou montent dans le train.

Ces informations peuvent être confirmées sur le site web de NHK WORLD-JAPAN ou sur les sites de médias sociaux de la NHK.




3. Des précautions recommandées aux femmes enceintes ?

Suite au déclenchement de l’épidémie, la Société japonaise des maladies infectieuses de natures obstétrique et gynécologique a publié un document consignant des recommandations aux femmes enceintes et à celles qui envisagent de donner naissance à un enfant.

Selon la société, aucune information, à ce jour, ne fait état de graves symptômes qui affecteraient les femmes enceintes, ou d’éventuels problèmes qui toucheraient les enfants à naître.

Il est toutefois précisé que les femmes enceintes, en général, peuvent être gravement affectées en cas de pneumonie.

La société conseille donc un certain nombre de précautions. Il s’agit de se laver minutieusement les mains avec du savon et de l’eau courante, notamment après les sorties et avant les repas. L’usage de solutions à base d’alcool est également recommandé.

Il convient par ailleurs d’éviter les contacts avec les personnes fiévreuses ou affectées par la toux, de porter des masques et d’éviter de se toucher le nez ou la bouche. Le professeur Satoshi Hayakawa, qui enseigne à la Faculté de médecine « Nihon University School », est à l’origine de ce document. Il déclare comprendre l’anxiété des femmes enceintes mais les invite à agir sur la base d’informations fiables et précises. Diverses rumeurs, souvent erronées, circulent en effet en périodes d’épidémies de maladies infectieuses.

Ces informations sont disponibles sur le site internet de NHK WORLD-JAPAN, ainsi que sur les réseaux sociaux.




4. Comment désinfecter les vêtements ?

Erisa Sugawara, de la Société japonaise pour la prévention et le contrôle des infections, estime qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser des désinfectants alcoolisés pour les vêtements. Elle explique qu’une lessive ordinaire suffit à évacuer la plupart des virus, bien que cela ne soit pas encore prouvé pour le Covid-19.

Concernant les accessoires qui vous semblent susceptibles de véhiculer le virus, tels qu’un mouchoir utilisé pour filtrer une toux ou un éternuement, Mme Sugawara conseille de les tremper dans de l’eau bouillante, durant 15 à 20 minutes.





5. Détail des symptômes du coronavirus

Il y a un rapport à ce sujet. Il a été rédigé par une équipe conjointe d’experts, incluant ceux de l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS.

L’équipe a mené une analyse détaillée des symptômes sur 55 924 personnes dont l’infection a été confirmée en Chine jusqu’au 20 février.

Selon le rapport, 87,9 % des malades avaient de la fièvre, 67,7 % toussaient, 38,1 % se plaignaient de fatigue et 33,4 % avaient des mucosités. D’autres symptômes ont été observés, notamment des difficultés respiratoires, la gorge sèche et des migraines. Ceux qui sont atteints développent les symptômes en cinq ou six jours en moyenne.

Près de 80 % des malades ont des symptômes relativement légers. Certains n’ont pas de pneumonie. Sur tous les contaminés, 13,8 % deviennent gravement malades et ont des difficultés à respirer.

Les personnes de 60 ans ou plus et celles ayant des antécédents médicaux comme une forte tension, du diabète, des problèmes cardiaques, des maladies respiratoires chroniques et des cancers sont plus enclines à développer des symptômes graves. Dans de très rares cas, des enfants infectés ont été gravement malades. Seuls 2,4 % des personnes infectées avaient 18 ans ou moins.

Satoshi Kutsuna, médecin du Centre national de médecine et de santé globales, a soigné des malades du coronavirus au Japon. D’après lui, ils avaient le nez qui coule, la gorge sèche et toussaient. Ils étaient tous fatigués et avaient de la fièvre de 37 degrés ou plus pendant près d’une semaine.

Le médecin a expliqué que certaines personnes présentaient des fièvres plus élevées après une semaine. Les symptômes tendent à durer plus longtemps que dans le cas d’une grippe saisonnière ou d’autres maladies contagieuses.

Les informations présentées dans cet article sont du 19 mars. Elles peuvent être confirmées sur le site de NHK WORLD-JAPANv ou sur les comptes de la NHK sur les réseaux sociaux.





6. Qu’est-ce que a tendance à développer des symptômes graves lorsqu'il est infecté par le virus ?

L'Organisation mondiale de la santé affirme que de nombreuses victimes du virus sont des personnes atteintes de problèmes de santé qui affaiblissent le système immunitaire, notamment l'hypertension artérielle, le diabète et les maladies cardiaques.

Les personnes, dont le système immunitaire est affaibli, devraient être particulièrement prudentes, non seulement contre le nouveau coronavirus, mais également contre les infections courantes telles que la grippe saisonnière.

Cela inclut les personnes qui souffrent, notamment, d'hypertension artérielle, de diabète et de maladies cardiaques, mais aussi celles qui ont recours à des médicaments immunosuppresseurs, par exemple pour traiter les rhumatismes, ainsi que les personnes âgées.

Les chercheurs n'ont pas encore évalué comment la gravité des problèmes de santé chroniques des patients est liée à celle de leurs symptômes.

Quant aux femmes enceintes, aucune donnée ne confirme qu'elles font partie d'une catégorie considérée à haut risque pour le coronavirus. Mais d'une manière générale, elles ont tendance à être vulnérables aux virus et, en cas de pneumonie, elles sont plus susceptibles de développer de graves symptômes.

Il n'existe pas non plus de données sur le type de symptômes provoqués par le coronavirus chez les enfants en bas âge. Mais étant donné qu'ils ne peuvent pas prendre de mesures préventives, comme se laver les mains et éviter les foules par eux-mêmes, leurs parents sont priés de faire tout ce qu'ils peuvent pour les protéger.

Ces informations sont disponibles sur le site internet de NHK World Japan et sur les différents réseaux sociaux.





7. Les enfants ont tendance à développer des symptômes graves lorsqu'ils sont infectés ou non ?

Il n'y a aucun rapport en Chine qui stipule que les enfants ont tendance à développer des symptômes graves lorsqu'ils sont infectés par le nouveau coronavirus.

Une analyse, réalisée par une équipe d'experts du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, auprès de 44 672 personnes infectées dans le pays, à partir du 11 février, montre que le virus n'a fait aucune victime chez les enfants âgés de 0 à 9 ans. Un seul décès est à signaler parmi les adolescents.

D'après un groupe de chercheurs, notamment de l'Université de Wuhan, neuf nourrissons, âgés de un à 11 mois, ont été testés positifs au coronavirus en Chine continentale le 6 février. Parmi ces enfants en bas âge, aucun n'est tombé gravement malade.

Le professeur Tsuneo Morishima, de l'Université de médecine d'Aichi, est un expert des maladies infectieuses chez l'enfant. M. Morishima a expliqué que le nouveau virus était similaire, à certains égards, aux souches existantes de coronavirus. Les enfants, qui attrapent souvent un rhume, peuvent développer une certaine immunité contre lui.

Le professeur a cependant ajouté qu'il fallait se méfier car l'infection a tendance à se propager rapidement dans les écoles et les crèches. Il a indiqué que les parents devaient s'assurer que les enfants se lavent soigneusement les mains tout en gardant les pièces de la maison bien ventilées.

Les données présentées ici sont en date du 24 mars.





8. Le Japon a trouvé une thérapie efficace pour éviter ou traiter l'infection au coronavirus ?

Malheureusement, il n'existe aucun médicament qui s'avère pleinement efficace contre le coronavirus, comme le Tamiflu et le Xofluza, utilisés dans le traitement contre la grippe. Comme dans d'autres pays, les médecins au Japon se concentrent sur le traitement des symptômes, telles que la mise sous oxygène des patients et l'administration de perfusions intraveineuses pour la déshydratation.

Bien qu'un médicament efficace contre le virus reste à développer, les médecins au Japon, comme dans le reste du monde, administrent des médicaments déjà existants, utilisés dans le traitement contre d'autres maladies, car ils pourraient agir contre le coronavirus.

Parmi ces exemples, notons Avigan, un médicament antigrippe développé il y a six ans par une société pharmaceutique japonaise. Selon les autorités chinoises,  ce médicament s'est avéré efficace dans le traitement des patients porteurs du coronavirus.

Au Japon, le National Center for Global Health and Medicine a déclaré avoir administré un médicament antiviral, utilisé pour éviter l'apparition du sida, chez un patient porteur du coronavirus. Des officiels indiquent que la fièvre du patient a baissé et que sa santé, au niveau de la fatigue et de l'essoufflement, s'est améliorée.

La recherche d'une thérapie efficace est en cours dans de nombreux pays. Un groupe, composé notamment de chercheurs des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis, a rapporté avoir administré un médicament antiviral pour traiter le virus Ebola, en cours de développement, à un homme ayant développé une pneumonie à cause du coronavirus.

Selon ces chercheurs, les symptômes de l'homme ont commencé à s'améliorer, un jour après l'administration du médicament. Ils précisent qu'il n'a plus eu besoin d'assistance respiratoire et que sa fièvre a diminué.

Le ministère thaïlandais de la Santé a affirmé qu'une combinaison de médicaments, utilisés contre la grippe et le sida, avait contribué à l'amélioration de la santé d'un patient porteur du virus, qui est maintenant guéri.

Mais dans tous les cas, les experts précisent que des études cliniques supplémentaires sont nécessaires afin de déterminer l'innocuité et l'efficacité des médicaments.

Les données présentées ici sont en date du 25 mars.




10. Dans quelles circonstances peut-on dire qu’une épidémie est terminée ?

Nous avons consulté Omi Shigeru, vice-président de la commission d’experts gouvernementaux et président de l’Organisation japonaise des soins communautaires. Il était auparavant en charge des mesures de lutte contre les maladies contagieuses à l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS. Il explique que la fin d’une contamination signifie que la chaîne d’infections est interrompue et qu’il n’y a plus de personnes contaminées.

Les autorités sanitaires peuvent ainsi déclarer la fin d’une épidémie s’il n’y a pas d’infections confirmées pendant une certaine période, en s’appuyant sur les normes de l’OMS.

Par exemple, le SRAS s’est propagé en 2003, principalement en Chine et dans d’autres zones d’Asie. L’OMS a déclaré la fin de cette épidémie huit mois après la confirmation du premier cas.

D’un autre côté, la propagation d’une infection peut être sous contrôle pendant un certain temps dans une zone définie ou dans un pays, grâce à des mesures comme celle de demander aux populations de ne pas sortir. Cependant, une maladie peut se propager à nouveau si un virus est amené depuis l’extérieur de la zone. Par exemple, la grippe saisonnière se propage l’hiver et perd de son intensité. Mais elle n’a jamais disparu.

Les vaccins et les médicaments sont efficaces pour empêcher une infection de se propager et de s’aggraver. Mais M. Omi ajoute que la disponibilité des vaccins et des traitements, et la question de la fin d’une contamination, sont deux choses différentes. Pour lui, les autorités sanitaires vont continuer de renforcer le confinement avec pour objectif de mettre totalement fin à la contamination.

Les données présentées ici sont en date du 27 mars.





11. Une désinfection au moyen de savon a-t-elle les mêmes effets qu’une désinfection avec une solution hydroalcoolique ?

Selon Sakamoto Fumie de l’Hôpital international de Saint Luke à Tokyo, spécialisée dans le contrôle des infections, le savon est efficace dans une certaine mesure.

Elle explique que cela est dû au fait que le savon pour les mains contient généralement des tensioactifs, qui détruisent la membrane lipidique qui enveloppe le coronavirus. Cela veut donc dire, ajoute-t-elle, que le virus peut être détruit dans une certaine mesure.

Sakamoto Fumie précise par ailleurs qu’une solution hydroalcoolique est efficace. Toutefois, dans le cas de mains sales, il peut être difficile d’éliminer totalement le virus.

Sakamoto Fumie exhorte la population à se laver régulièrement les mains avec du savon.




13. Pendant l’épidémie de SRAS en 2003, j’ai entendu dire qu’il y avait eu des cas de propagation du virus par le biais des eaux usées échappées d’un tuyau de drainage. La nouvelle souche de coronavirus serait similaire à celle du SRAS. Un événement identique pourrait-il se produire avec le nouveau coronavirus ?

Le nouveau virus et le SRAS appartiennent à la même famille de coronavirus. La souche responsable du SRAS est connue pour se multiplier non seulement dans la gorge et dans les poumons, mais aussi dans les intestins. Lorsque le virus du SRAS s’est propagé dans certaines parties du monde en 2003, une infection de masse a été rapportée dans un immeuble en copropriété à Hongkong. Cette infection de masse aurait été causée par des gouttelettes contenant le virus qui se seraient échappées de vieux tuyaux d’évacuation.

Le professeur Kaku Mitsuo de l’Université de médecine et de pharmacie du Tohoku, expert sur les mesures de prévention des infections, souligne qu’il y a peu de chance que le virus se répande par le biais de tuyaux d’évacuation dans des pays où les conditions d’hygiène sont relativement élevées. Il a cependant précisé qu’il était possible que les virus s’attachent à la surface des toilettes et des endroits alentour et qu’il était possible d’être infecté en touchant les surfaces contaminées avec les mains. Il ajoute que tout le monde doit baisser l’abattant avant de tirer la chasse d’eau et s’assurer de bien se laver les mains. Le professeur Kaku Mitsuo précise que chacun doit maintenir une hygiène décente jour après jour et désinfecter soigneusement les robinets, les lavabos et les poignées de porte.

Les données présentées ici sont en date du 1er avril.





14. Les jeunes peuvent-ils tomber gravement malades lorsqu'ils sont infectés par le virus ?

Les experts ont eu l'habitude de dire que les personnes âgées et les personnes ayant des problèmes de santé sous-jacents avaient tendance à développer des symptômes graves lors d'une infection. Mais le mois dernier, des médias ont indiqué qu'une jeune fille de 21 ans, en Grande-Bretagne, et une jeune fille de 16 ans, en France, toutes deux en bonne santé, avaient succombé au virus. Des cas récents montrent que des jeunes personnes peuvent tomber gravement malades.

Le Japon a également rapporté des cas de personnes relativement jeunes qui sont tombées gravement malades. Kutsuna Satoshi, du Centre national pour la santé et la médecine mondiale, a expliqué qu'un homme d'une quarantaine d'années, en bonne santé, avait développé des symptômes graves parmi plus de 30 patients qu'il avait traités.

Il a indiqué que l'homme avait seulement de la fièvre et de la toux lors des premiers jours, mais qu'après une semaine, il a développé une grave pneumonie et a eu recours à un respirateur artificiel en raison de l'aggravation rapide de son état respiratoire. Le docteur a précisé que cet homme s'était rétabli un peu plus tard.

Kutsuna Satoshi a affirmé que les jeunes ne devraient pas s'imaginer qu'ils vont bien, car ils peuvent également tomber gravement malades.

L'Organisation mondiale de la santé met en garde sur le fait que de nombreux cas d'hospitalisation impliquent des personnes de moins de 50 ans. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies ont rapporté que 2 à 4% des personnes infectées, qui se trouvent en soins intensifs, ont entre 20 et 44 ans.

Les données présentées ici sont en date du 2 avril.





15. Est-ce que le virus a connu des mutations dans la ville chinoise de Wuhan, en Italie ou dans d’autres pays européens ?

Début mars, des chercheurs chinois ont analysé les gènes du coronavirus prélevé sur plus de 100 malades du monde entier. Ils ont trouvé des différences dans les gènes, qui leur ont permis de définir deux types de coronavirus, le type-L et le type-S.

Le type-S présenterait un matériel génétique proche de celui observé chez la chauve-souris. Le type-L a été trouvé de manière prévalente chez les malades des pays d’Europe. Il s’agirait d’une forme plus récente que le type-S. Ito Masahiro, professeur au département des sciences de la vie de l’université Ritsumeikan, étudie les caractéristiques du virus. Il considère qu’il évolue facilement. Il connaîtrait des changements à mesure que les contaminations augmentent et que sa propagation se répète.

Dans le même temps se pose la question d’une mutation permettant au virus de se transmettre plus facilement. D’après le Pr Ito, il est encore à un niveau où son matériel génétique n’a pas beaucoup changé.

Même s’il y a des différences de gènes entre le type-S et le type-L, les informations restent insuffisantes pour savoir lequel des deux provoque les symptômes les plus graves.

La gravité de la maladie et le taux de mortalité varient selon les pays. Pour le Pr Ito, cela est dû aux populations elles-mêmes, qui présentent des différences notamment au niveau de la proportion de personnes âgées, de la culture en général et alimentaire en particulier.

Les données présentées ici sont en date du 3 avril.





16. Quelle est l'efficacité du médicament Avigan ?

Egalement connu sous le nom de Favipiravir, Avigan est un médicament anti-grippe développé, il y a six ans, par une société pharmaceutique japonaise. Comme des effets secondaires ont été signalés lors de tests effectués sur des animaux de laboratoire, le gouvernement japonais n'a pas approuvé son utilisation chez certaines catégories de personnes, telles que les femmes enceintes. Avigan ne sera désormais administré aux patients contaminés par le nouveau coronavirus que dans certains cas, approuvés par le gouvernement.

À l'heure actuelle, aucun autre médicament connu ne peut traiter efficacement les nouveaux patients contaminés par le coronavirus, mais Avigan devrait s'avérer efficace contre le nouveau coronavirus, qui a une multiplication similaire à celle des virus de la grippe. Des recherches sur les effets de ce médicament sont menées dans de nombreuses régions du monde.

Le gouvernement chinois a annoncé les résultats d'une recherche clinique menée dans deux établissements médicaux. L'un d'eux, situé dans la ville de Shenzhen, dans la province du Guangdong, impliquait 80 patients. Les personnes n'ayant pas été traitées par Avigan ont dû attendre 11 jours en moyenne pour que les résultats de leur test passent de positifs à négatifs, contre quatre jours en moyenne pour les patients ayant reçu Avigan comme traitement. Les radiographies des patients ont montré que l'amélioration de l'état pulmonaire n'était pas la même selon la catégorie : 62% pour les personnes n'ayant pas reçu le traitement contre 91% pour les autres.

Le gouvernement chinois a annoncé que ces résultats l'avaient incité à officiellement inclure Avigan en tant que médicament pouvant traiter les patients infectés par le nouveau coronavirus.

Au Japon, une recherche clinique, qui implique 80 patients présentant des symptômes bénins ou asymptomatiques, est en cours depuis mars dans plusieurs établissements, comme le Fujita Health University Hospital, dans la préfecture d'Aichi. Les chercheurs étudient dans quelle mesure le médicament peut aider à réduire la présence du virus.

La société japonaise qui produit Avigan a annoncé qu'elle avait commencé des essais cliniques afin d'obtenir l'approbation du gouvernement. Si l'efficacité et l'innocuité du médicament sont confirmées, l'entreprise prévoit de demander l'assentiment du gouvernement.

Les données présentées ici sont en date du 6 avril.





17. À quel point la déclaration de l'état d'urgence affecte-t-elle la vie quotidienne au Japon?

Premièrement, les sorties.

Les gouverneurs des préfectures concernées peuvent demander aux habitants de s'abstenir de sortir pour des activités non essentielles, pendant une période déterminée.

Les exemptions comprennent les visites à l'hôpital, les courses dans les magasins d'alimentation et les trajets domicile-travail. La demande n'est pas une obligation, mais les citoyens sont tenus de faire preuve de coopération et de s'y appliquer au mieux.

Ensuite, les écoles.

Les gouverneurs peuvent demander ou ordonner la fermeture des écoles. Cette décision est fondée sur une loi spéciale promulguée le mois dernier. Les gouverneurs ont le pouvoir de faire fermer les lycées des préfectures.

Ils peuvent demander la fermeture des écoles privées, des écoles primaires et des collèges, sous la juridiction des municipalités. Ils peuvent ordonner la fermeture d'une école qui ne respecte pas la demande, sans appliquer pour autant de sanction.

À propos des équipements et des magasins.

La loi permet aux gouverneurs de demander de limiter l'utilisation des équipements afin de prévenir la propagation de l'infection. Ils peuvent également demander de limiter ou d'interdire le fonctionnement des équipements à grande échelle, ceux qui possèdent une superficie de plus de 1 000 mètres carrés. Les installations de plus petite taille peuvent recevoir un ordre similaire si cela est jugé nécessaire.

Voici une liste des équipements qui entrent dans la catégorie : les théâtres, les cinémas, les lieux d'événements, les grands magasins, les supermarchés, les hôtels, les auberges, les gymnases, les piscines, les musées, les bibliothèques, les boîtes de nuit, les écoles de conduite et les boîtes à bac.

Les supermarchés sont autorisés à garder ouvertes les sections qui proposent des produits considérés comme nécessaires : produits alimentaires, médicaments et produits hygiéniques. Lorsque certains équipements ne répondent pas à la demande, les gouverneurs peuvent les y obliger.

Ces derniers publient les noms des établissements concernés.

À propos des événements et des salons.

En vertu de la nouvelle loi, les gouverneurs peuvent demander aux organisateurs d'événements de ne pas en organiser. Si un organisateur ne respecte par la demande, ils peuvent lui donner l'ordre d'y mettre fin. Les gouverneurs publient les noms des organisateurs, qui ont reçu cet ordre, sur les sites internet des préfectures ou sur d'autres médias.

Et au sujet des services essentiels.

La déclaration de l'état d'urgence n'a aucun impact sur les services publics considérés comme essentiels. Les fournisseurs d'électricité, de gaz et d'eau sont invités à tout mettre en œuvre afin d'assurer un approvisionnement stable.

Les opérateurs du secteur des transports, de la téléphonie, d'Internet et des services postaux sont également invités à poursuivre leurs activités. La loi n'indique pas de limiter le fonctionnement des transports publics. Le Premier ministre et les gouverneurs peuvent prendre des mesures afin de maintenir le système de transports en fonctionnement afin de répondre aux besoins.

Les données présentées ici sont en date du 7 avril.